Taxi Téhéran

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Le film Taxi Téhéran, de Jafar Panahi, pousse à la réflexion, à un échange sur la société en Iran et sur la censure des images.

« Il faut se mettre dans l’ambiance. C’est le goût à la fin sur la langue qu’il faut sentir. » Voici les paroles de mon voisin avant le visionnage du film. Il avait tout à fait raison. Le film débute et on est directement dans le taxi. Une, deux, trois personnes montent. Un débat se lance. Le spectateur ne peut que prendre part à cette discussion en silence. Tout le long du film ce sera ainsi. Sauf qu’à la fin, on ne peut s’empêcher de lancer la conversation jusque chez soi.

La censure en Iran a le plus retenu mon attention. Qu’est ce qu’on peut filmer ou ne pas filmer ? Telle est la question à laquelle une petite fille cherche une réponse. Elle énumère ce que la loi interdit comme le respect du voile islamique, les contacts entre homme et femme. Quant au reste, sa maîtresse lui a simplement dit de faire preuve de bonne conscience. Quelques évènements du réel ne doivent pas apparaître car trop vrai ou ils vont tout simplement à l’encontre de la loi. Il faut aussi faire attention à la « noirceur », un terme difficile à comprendre et à expliquer pour une enfant. Mais à bord de ce taxi, les langues se délient facilement. Une institutrice, un voleur,un vendeur de film pirates, un homme ayant eu un accident de motos et j’en passe, se succèderont sur les sièges avec des idées bien arrêtées sur différents sujets (la peine de mort, la censure etc).

En France, il est si simple de pouvoir contourner une loi. En Iran, il ne faut même pas chercher à le faire. Pourtant, le réalisateur Jafar Panahi n’a pas eu peur de prendre sa caméra et de filmer. Il propose ainsi une belle leçon de vie. Sans tomber dans le dramatique, il a donné aux spectateurs des scènes de vie banales voire amusantes. La salle a pu rire à plusieurs reprises.

Le taxi ne se taira jamais tout au long de ces 1h30. Chacun entre et offre sa vision et sa réflexion sur le pays qu’est l’Iran. Voilà donc le goût sur la langue qu’il me reste en sortant de la salle de cinéma.

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